— 1er juillet / 7 septembre 2021

TOUTE PETITE AMAZONIE
Makiko Furichi

Aquarelles, dessins, impressions sur soie

Nantes

TOUTE PETITE AMAZONIE

La « Petite Amazonie » est un territoire de nature qui s’étend sur 18 hectares, située dans le quartier de Malakoff. Vaste espace vert, site classé Natura 2000, il est le plus naturel des parcs de Nantes.
Sur une proposition de l’espace MIRA, l’artiste Makiko Furuichi, guidée par le botaniste Philippe Férard, s’est inspirée de ce territoire vivant pour créer une nouvelle série d’aquarelles et de dessins sur papier, ainsi que des foulards en soie imprimés à partir de ses nouvelles créations.
Esprits malicieux, petits monstres, nature exubérante, mains fantômes composent l’univers de l’artiste nourri par son imaginaire puissant, ses rêves, l’observation de son quotidien.
Deux séries de foulards sont éditées par MIRA éditions sur du sergé de soie tissé en France: en impression au cadre “à la Lyonnaise” par l’artisan sérigraphe Pierre Verdon de l’atelier PARADES à Nantes et en impression jet d’encre à Lyon.

Des mauves aux palmiers, une histoire de la Petite Amazonie par le SEVE

En ce tout début d’été 1814, au petit matin du 24 juin, fermiers, métayers et ouvriers agricoles du bourg de Doulon et des environs empruntent venelles et chemins qui les conduisent sur les prairies de Mauves. Bientôt, depuis les remparts du château des ducs de Bretagne jusqu’aux falaises qui protègent le bourg de Mauves, s’élève une clameur laborieuse que le sifflement des faux effilées amplifie encore : la saison des foins a enfin commencé. En effet, cette année, la Loire a longuement paressé sur les prairies ; des témoins respectables affirment avoir vu nombre de mauves (fritillaires pintades) percer la « flotte » pour épanouir leurs corolles en damier. C’est ainsi, qu’un arrêté préfectoral, en date du 16 juillet 1814, fixera pour cette année-là, l’ouverture des parcours et de la vaine pâture de la prairie de Mauves dans toute son étendue, qu’à partir du 1ér août.
Rapidement, à partir de la fin 18éme, courant 19ème siècle, le paysan s’est peu à peu éloigné des remparts, la prairie a été en partie comblée, fractionnée pour y installer maisons, usines, routes et voies de chemins de fer. Le train, fait son entrée à Nantes le 17 août 1851.
A l’aube du 20ème siècle, au contact du canal Saint-Félix, les prairies de Mauves ont pratiquement disparu, seules subsistent des portions de prairies et fragments d’un cours d’eau (étier de Mauves), le tout enchâssé, phagocyté entre les voies de chemins de fer. L’exploitation des prairies est devenue précaire, mais subsiste encore.
Les bombardements intensifs de 1944 vont bouleverser, creuser, remanier le sol de cette prairie close. Les cratères, tout au moins ceux qui n’ont pas été rebouchés, vont se remplir d’eau, et leurs lèvres de terre remuée se couvrent d’une flore hygrophile où les saules, bientôt, deviennent maîtres à bord. L’ordre de la nature reprend ses droits, faisant ainsi suite au désordre des hommes. Dans certains endroits, selon qu’ils aient été un peu plus épargnés ou que les trous aient été soigneusement rebouchés, la prairie refait peu à peu son apparition. Une reprise d’exploitation est alors visible durant quelques temps, puis s’interrompt. Dès 1956, l’embroussaillement devient perceptible : l’homme a définitivement abandonné la partie, il n’est plus question de prairie de Mauves en ces lieux.
Une aire nouvelle s’amorce, des tours s’élèvent brusquement au-dessus des voies de chemin de fer : Malakoff est né ! A l’aube des années 1970, le fonctionnement hydraulique de ce petit territoire ceint de murailles de ballast, semble se modifier et tend à devenir plus humide : on parle alors du marais de Malakoff.

Dans les années 1980, un projet de construction de route “pénétrante” en direction du centre de Nantes se concrétise par l’amoncellement de milliers de mètres cubes de roches et cailloux au beau milieu de la grande parcelle. Cette nouvelle situation provoque l’évolution d’une partie de ce qui subsistait encore de la prairie en un magnifique marais peuplé de grandes herbacées hygrophiles – laîches, roseaux et joncs.
Ce « no man’s land » suscite moult projets auprès des décideurs et acteurs locaux. Finalement, au début des années 1990, à l’initiative de Jean-Claude Demaure, adjoint au maire chargé de l’environnement à la Mairie de Nantes, et sous la houlette de Claude Figureau, directeur du jardin des Plantes de Nantes, la zone devient un laboratoire vivant où l’on étudie l’évolution de la végétation. Des inventaires sont réalisés, on découvre alors que la flore et la faune y sont fort diversifiées : des mesures de protection s’imposent ! D’ailleurs, c’est au cours de l’une des « expéditions » dans ces marais impénétrables, où seule la machette nous permis de progresser, que l’on aperçut dans une trouée, au milieu des saules, une petite population de jeunes palmiers. Et l’un de nous, de s’exclamer, mais on dirait l’Amazonie ici ! Dès lors, le marais de Malakoff s’évanouit dans les limbes de l’oubli, et, aujourd’hui, seule la Petite Amazonie s’impose naturellement à notre esprit.
D’abord reconnue comme Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, faunistique et floristique (ZNIEF), on dut attendre 2005 et une seconde étude écologique réalisée dans le cadre du projet de revalorisation du quartier Malakoff (Grand Projet Ville – GPV) pour la petite Amazonie soit intégrée dans le réseau des zones protégées au niveau européen (Réseau Natura 2000). Un plan de gestion a été mis en place visant à maintenir et à favoriser la diversité (espèces, habitats). Ainsi, là où cela était possible, la prairie, a été restaurée. Des clôtures ont été dressées pour permettre l’accueil de vaches écossaises dont la mission est d’entretenir cette prairie. Compte-tenu de la fragilité du milieu, seules des visites en nombre limité sont organisées pour le public par la LPO. (Ligue de Protection des Oiseaux) et le SEVE (Services des espaces verts et de l’environnement de la Ville de Nantes). Quant à l’entretien et au suivi botanique de la petite Amazonie, ceux-ci ont été confiés au SEVE par Nantes Métropole. Chut, entendez-vous encore cette clameur des hommes d’hier et le sifflement de leurs faux effilées ? Le chant des mauves n’est pas mort, il résonne encore dans la prairie de la Petite Amazonie ! Son avenir est entre nos mains …

En photo, le botaniste Philippe Férard.

Aquarelles . Dessins . Impressions sur soie

Arbre de lumière / aquarelle / 40×30 cm / papier noir 300 gr
Fleur#1 / aquarelle / 40×30 cm / papier noir 300 gr
Fleur#2 / aquarelle / 40×30 cm / papier noir 300 gr

Tête bleue / aquarelle / 40×60 cm / papier blanc 300 gr
Martin pêcheur / aquarelle / 40×30 cm / papier blanc 300 gr
Végétal #1 / aquarelle / 29,7×21 cm / papier blanc 300 gr
Végétal #6 / aquarelle / 30×40 cm / papier blanc 300 gr
Tête rose / aquarelle / 40×30 cm / papier blanc 300 gr
Cri singe / aquarelle / 29,7×21 cm / papier blanc 300 gr
Oiseaux / aquarelle / 24×30 cm / papier blanc 300 gr

Toute Petite Amazonie #2  Foulard d’artiste
Impression jet d’encre sur sergé de soie 72 gr tissé en France / 90×90 cm / finition ourlet bourdon / signé et numéroté 
Poule d’eau / aquarelle / 29,7×21 cm / papier blanc 300 gr
Végétal #4 / aquarelle / 40×30 cm / papier blanc 300 gr
Mantis religiosa / aquarelle / 40×30 cm / papier blanc 300 gr

Toute Petite Amazonie #1  Foulard d’artiste
Impression 2 couleurs au cadre  par Pierre Verdon  Atelier Parades, sur sergé de soie 72 gr tissé en France / 90×90 cm / finition roulottée main / signé et numéroté / édition limité à 50 exemplaires
Marais / dessin à l’encre / 21×29,7 cm / papier blanc 300 gr
Oiseaux / dessin à l’encre / 29,7×21 cm / papier blanc 300 gr

VERNISSAGE 1er juillet 2021

Présentation de TORRENT  REVUE LAGON

Lancement de la revue Torrent ( Lagon #5 ) à laquelle a participé Makiko FURUICHI, à partir de 14h,
en présence de Sammy Stein & Séverine Bascouert.

Depuis 2014, la revue bilingue LAGON s’attache à chercher de nouvelles formes et manières d’éditer la bande dessinée. Auteurs, autrices confirmé.es ou émergent.es, outsiders et designers graphiques composent des pages inédites.
Puisant leurs influences dans l’art contemporain, l’architecture, le jeu vidéo, Internet ou l’animation, les artistes publié.e.s proposent de nouvelles approches de la narration dessinée.
Après LAGON, VOLCAN, GOUFFRE, MARÉCAGE, voici TORRENT : 304 pages en offset, impression trichromie ou pentachromie, jaquette sérigraphiée à l’encre végétale, livret de traduction en riso, 6 papiers différents. Il n’existe pas de version numérique de nos livres, les vibrations de l’impression sur le papier, le toucher, l’enchaînement des pages étant absents de l’écran.
La revue LAGON est éditée par : Alexis Beauclair, Jean-Philippe Bretin, Sammy Stein, Séverine Bascouert.

 

TORRENT

DJ set par LE FAUNE

Pour la soirée de vernissage le DJ LE FAUNE à passé une formidable sélection musicale, dont voici un extrait.

Des gribouillis sonores, des cliquetis qui dandinent, des balbutiements de sons, du tapage nocturne pour les forêts urbaines et du silence caché…
On rencontre le Faune ici ou là, visible ou invisible, il déambule dans la musique
Passeur de musique au Lieu Unique sous le nom de Phonème, scène nationale de Nantes pendant 19 ans, Frédéric Sourice se consacre aussi depuis 20 ans à la pratique des arts martiaux, un apprentissage sur le corps et sur l’esprit autour du Tai Chi Chuan, du Qi Gong, du Shiatsu et de la Médecine Traditionnelle Chinoise pour prôner un bien-être au service d’un mieux-être, toutes les informations disponibles sur le site de yuansource.fr

Merci Frederic d’avoir accepté notre invitation !!
MIX musical par Le Faune
Yuansource

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Makiko Furuichi

Makiko FURUICHI est née au Japon en 1987. Diplômée du College of Art de Kanazawa, sa ville natale, et de l’école des Beaux-Arts de Nantes, où elle vit et travaille depuis 10 ans, Makiko reçoit en 2018 le prix des Arts Visuels de la ville de Nantes. Pour l’édition 2019 du Voyage à Nantes, elle a investi une chambre de l’hôtel Amiral avec son énergie et ce déploiement total qui caractérise son œuvre. A l’aquarelle, elle a peint l’ensemble des murs, plafonds, et tous les éléments mobiliers. La chambre est envahie par une végétation dense derrière laquelle sont cachés des personnages qui viennent observer les nouveaux arrivants avec un mélange de peur, de curiosité et d’amusement. Elle y projette une vision globale d’un paysage tel qu’il pourrait apparaître dans l’un de ses rêves. En 2021, Makiko est lauréate de la résidence Ackerman + Fontevraud pour laquelle elle a réalisé une œuvre monumentale et une installation.
Elle peint à l’aquarelle ou à la peinture à l’huile, sur différents formats, des scènes de vie. Ses sujets sont choisis sur le vif. Attentive à ce que le hasard peut lui offrir, elle peint ce qu’elle trouve émouvant, savoureux, ce qui la fait sourire. Makiko Furuichi dit de son travail qu’il est une représentation du “niyari” une manière de sourire très japonaise. Un sourire caché derrière sa main, un sourire facétieux et plein de malice, mais jamais moqueur.
Ses aquarelles sont le reflet de sa vivacité et de sa fantaisie. Elles ont la précision d’un trait de calligraphie très maitrisé.

Photo prise par Patrick Garçon à l’hôtel Amiral