Gael Darras
Artiste plasticien 

1280°

Nantes

1280°


1280° C. est la température de cuisson maximum de l’argile du Fuilet.
1280° est un clin d’oeil à l’oeuvre Fahrenheit 451 de Ray Bradbury.
1280° pourrait être une somme d’angles au sein d’un tracé géométrique.
1280°, c’est un panorama plus de trois fois embrassé par le regard.

La mémoire et les murs
«(…) Hugo soutient la thèse que, jusqu’à Gutenberg, l’architecture était le conservatoire le plus solide pour maintenir les idées. C’est pourquoi, jusqu’au XVème siècle, il n’y a eu aucune idée importante qui n’ait eu une réalisation architectonique. Le livre imprimé, du fait de la solidité paradoxale de ce support, a tué l’architecture. Pour elle, la Renaissance aura été une décadence. En effet, depuis l’invention de Gutenberg, l’humanité dispose d’un médium plus résistant encore que le monument de pierre pour retenir ses idées. Envisagée comme support d’information, l’architecture, si on peut dire, ne fait plus le poids.» *

Depuis mon bureau je tente à plusieurs reprises un voyage dans le temps à la recherche d’images, de savoirs usés et de mystères anciens. Ces pensées et enquêtes mêlées de rencontres — hasardeuses ? — me mènent en septembre 2019 à la suite d’un maître enlumineur, Jean-Luc Leguay, premier laïc initié aux arts traditionnels de l’enluminure depuis plusieurs siècles. C’est au CITIL** que depuis un an j’apprends lentement l’utilisation symbolique de la géométrie appliquée à la construction des images et des édifices religieux. En cherchant ce qui rend à mes yeux l’architecture si énigmatique — sa manière de traverser le temps, son enregistrement de gestes et de savoirs — je tente ici d’inclure dans mon dessin certaines lignes issues de figures géométriques qui toutes recèlent une symbolique, une signification secrète, oubliée ou méconnue. Ainsi Asada, mur de briques aquarellées duquel émerge la grille hexagonale, ainsi 1280°, ensemble de tomettes inscrites d’un hypothétique tracé pouvant servir de base au plan de la cathédrale Saint-Pierre Saint-Paul de Nantes. Je cherche une idéalité, celle qui voudrait de l’architecture qu’elle soit précédée d’un mouvement invisible issu d’un dessin disparu, tenu secret.

Gaël Darras

* Brassaï, Graffitis, Les Éditions du Temps, Paris, 1961
** Centre International des Traditions de l’Image de Lumière (CITIL)

catalogue
exposition

“Je cherche une idéalité, celle qui voudrait de l’architecture qu’elle soit précédée d’un mouvement invisible issu d’un dessin disparu, tenu secret.”

Asada / 2020 / aquarelle / 240 x 180 cm / polyptyque de 9 cadres / encadrement en bois de chêne sur-mesure
1280° / 2020 / céramique du Fuilet / 160 x 80 cm
Enûma / 2020 / aquarelle / 40 x 40 cm / série de 6 peintures / encadrement en bois de chêne sur-mesure
Cathédrale / 2020 / cyanotype viré à l’acide tannique / 45 x 20 cm / 30 exemplaires / encadrement en bois de chêne sur-mesure

Gaël Darras

Gaël est né à Pau en 1990. Il vit et travaille actuellement à Nantes. Formé dans un premier temps à l’ESA des Pyrénées, il intègre par la suite l’École Supérieure des Beaux Arts de Nantes Métropole où il obtient son DNSEP en 2014.
Durant les quatre années suivantes, Gaël s’attache à enrichir et à préciser sa recherche portant sur la relation entre l’humain et le bâti par l’observation des civilisations anciennes, de l’architecture sacrée, des mythologies.
Son étude du bassin mésopotamien antique donne naissance à sa première exposition personnelle intitulée En réalité je n’ai trouvé que du sable tenue à l’Atelier Alain Lebras (Nantes) en avril 2018. Il y présente notamment la série d’aquarelle Les murs de Babel dont la technique picturale inspirée du dessin d’architecture constitue les fondements se son esthétique. Son travail est également déployé par la sculpture, l’installation et la photographie.
Depuis 2018 il développe également un travail en binôme avec Leah Desmousseaux portant sur la trace photographique de sculptures et empreintes. Leur première série de photographie intitulée Tarquinia a été réalisée durant un voyage à travers les nécropoles étrusques de Toscane et les vestiges de Pompéi.